Conférence « pour sauver la planète, sortez du capitalisme »
Par Hervé KEMPF, journaliste, auteur
En partenariat avec le CES de Lorraine, mars 2009
Bibliographie :
- Pour sauver la planète, sortez du capitalisme (Seuil 2009) par H. KEMPF
- Comment les riches détruisent la planète (Seuil 2007) par H. KEMPF
- L’entraide par Pierre KROPOTKINE
- L’empreinte écologique par BOUTAUD/GONDRAN (La découverte)
- Eco socialisme et objecteurs de croissance par Serge LATOUCHE
Site : « reporter.net »
Résumé de la conférence
On assiste depuis les années 1980 à une mutation du capitalisme. Quelques éléments de stabilité :
- la hausse du taux de productivité (2% par an, c’était 4% pendant les 30 glorieuses), par ex. 1h de travail est aujourd’hui 60 fois plus productive qu’au début des années
1980
- une hausse de la spéculation et de la bulle financière (qui n’est pas l’économie réelle : pour un PIB mondial de 32 Millions de dollards, la bulle est d’1 milliard de $)
- l’augmentation des inégalités due au déplacement des produits de la richesse collective. Ex : quand le CAC 40 augmente de 100, les salaires ont augmenté de 15 (voir les études
de Friedman et Sachs)
- le blanchiment d’argent (mafia italienne, oligarchies russes), les délits d’initiés, les paradis fiscaux, la corruption, la non-sanction de l’échec des oligarques
- la mondialisation culturelle qui amène des rivalités ostentatoires (on envie le modèle des classes situées au-dessus, la classe oligarchique étant le modèle suprême) qui jouent
à l’échelle de la planète. Ainsi la surconsommation exhibée et le gaspillage sont un modèle, ce qui joue sur la crise écologique. Nos générations rencontrent pour la première fois les limites de la
biosphère. Or nos sociétés n’ont pas tenu compte des alertes exprimées depuis les années 1970.
En termes de psychologie collective on a achevé la philosophie individualiste dont le développement était jusque là tempéré par les solidarités familiales, syndicalistes, associatives. Or le
capitalisme a posé ces dernières années la suprématie de l’individu, ce qui a entraîné l’affaiblissement des mécanismes de régulation, la marchandisation des humains (prostitution, salaires de
misère, vente d’organes, vente de bébés…), des biens communs (espace, atmosphère, ondes, sécurité publique assurée par des sociétés privées…).
Il faut redéfinir le capitalisme comme philosophie de la vie : dans cette société d’individus, les échanges sociaux sont régulés par un rapport marchand. Ce système ne peut plus faire face aux
crises qu’il a engendrées. L’effondrement de l’économie spéculative, inégale et nuisible à l’écologie nous oblige à en sortir. Comment ? en revoyant la psychologie collective faite
d’exacerbation des privilèges, d’oligarchies, d’autoritarisme violent pour aller vers une psychologie de la solidarité, de la justice, de l’écologie…
Pour imaginer cet autre monde possible nous n’avons pas tout à inventer. Différentes expériences sont présentées dans des forums sociaux. Il faut les tisser ensemble. Economies sociales,
solidaires, mutuelles (qui représentent 15% du PIB), économie de marché (différente du capitalisme, voir Fernand Braudel qui propose de borner l’économie de marché dans le respect de règles de
droit et de limites d’application, d’exclure de son champ des secteurs comme la culture, la santé…). Il faut sortir du repère du PIB qui ne mesure pas l’ampleur de la crise écologique car il a
l’obsession de la croissance, ce qui est une conduite économique irresponsable. Il faut lutter contre les paradis fiscaux, change le mode de consommation exhibé (rolex, yacht…)réduire les
consommations et d’énergie, rendre à la collectivité les sommes d’argent accaparées. Il faut vivre le post-capitalisme de façon joyeuse et volontaire en redonnant sa vraie place à l’agriculture
(produits sains, cultiver l’ environnement, recréer des emplois). Il faut mondialiser les volontés locales, européennes, faire un travail de désaliénation par rapport à la pensée dominante
(publicité par ex.)
Les politiques :
L’UMP ne peut pas comprendre ce débat
Que fait le PS par rapport à ces questions ?
Voir les positions intéressantes de F. BAYROU sur les libertés publiques
Il faut inciter les citoyens à faire de la politique et à ne pas en rester à la critique des élus.
Il faut qu’une part de l’oligarchie (élus, chefs d’entreprises…) rejoigne des citoyens de base. Il faut organiser des débats entre les divers partis qui s’intéressent à l’écologie (NPA, Nouvelle
Gauche, PS…)
Il faut trouver une parole politique au désarroi de nos concitoyens qui vont être tentés d’aller vers des actions violentes ou récupérées par des partis non démocrates.