Enfance / Famille : des politiques de soutien à la parentalité éparses et peu efficaces
Réseaux d’écoute, d’appui et d’accompagnement des parents (REAAP), contrats locaux d’accompagnement à la scolarité, médiation familiale, maisons des adolescents : le rapport de la Cour des comptes publié le 4 février 2009 fait le tour des différentes structures visant à accompagner les parents dans l’éducation, principalement financées par la Caisse nationale d’allocations familiales. Il en ressort que les différents dispositifs se juxtaposent, et ne communiquent pas entre eux.
Le public est inégalement informé de leur existence, et «sur un même territoire, le manque de coordination des acteurs et les initiatives dispersées des collectivités territoriales favorisent ici la prolifération, ailleurs l’absence d’offre de telle ou telle démarche.» Par exemple les 485 points info famille labellisés ont une répartition géographique très inégale, certains départements en comptant 10, d’autres un seul.
Enfin les financements sont épars : la CNAF est le principal financeur, avec 48,6 millions d’euros en 2007, contre 39,2 millions en 2006. Les collectivités locales auraient contribué à hauteur de 12,6 millions en 2006, selon la Délégation interministérielle à la famille. Pour la Cour, le pilotage de l’ensemble de ces actions doit être repensé, et les collectivités locales pourraient jouer un rôle déterminant dans la définition et la conduite des politiques locales de soutien aux parents, même si aujourd’hui leur implication est hésitante.Dépendance : peu d’avancées dans la prise en charge des personnes âgées dépendantes
La prise en charge à domicile souffre toujours d’un défaut de coordination des intervenants et de l’éclatement des services de l’aide et du soin, sans réel partage d’informations. Le reste à charge financier pour les personnes bénéficiaires de l’APA vivant à domicile reste toujours important, alors que le rapport préconisait en 2005 de recentrer les aides sur les personnes les plus dépendantes et les plus démunies. Le rapport 2009, publié le 4 février 2009 souligne cependant la préparation du projet de loi sur le 5ème risque dépendance.
La situation de l’hébergement en institution reste marquée par des insuffisances en nombre de places, en terme de contrôle et de suivi
de la qualité, ou de transparence des tarifs. Enfin si le pilotage national de cette politique a été rationalisé grâce à l’action de la CNSA, au niveau local les départements sont inégalement
mobilisés pour mettre en œuvre les schémas gérontologiques. La Cour réclame donc un recentrage de l’APA sur les personnes les plus vulnérables, une rationalisation du système de financement, et
une harmonisation des pratiques départementales.